1. Ne payez pas, ne négociez pas, ne suppliez pas
Toute réponse — même un refus — confirme que le compte est actif et que la menace vous atteint. Le silence est votre meilleur outil.
On vous menace de diffuser des images intimes si vous ne payez pas. Voici ce qu'il faut savoir dans l'heure qui suit — et pourquoi payer est la pire option.
La sextorsion est un chantage : quelqu'un affirme détenir des images intimes de vous — obtenues lors d'un échange, par piratage, ou parfois entièrement inventées — et menace de les diffuser à vos proches si vous ne payez pas. C'est une infraction pénale, et la menace est très rarement mise à exécution : c'est la peur qui rapporte, pas la diffusion.
Gratuit, sans compte. Rien de ce que vous collez n'est conservé.
Le scénario le plus courant : un contact séduisant sur un réseau social ou un site de rencontre, une conversation qui devient rapidement intime, une invitation à passer en vidéo. De l'autre côté, il n'y a souvent qu'une vidéo préenregistrée — et un enregistrement de votre côté à vous.
Le chantage tombe parfois quelques minutes plus tard, avec la liste de vos amis en copie d'écran pour prouver que la menace est prête. Cette rapidité est voulue : il s'agit de vous faire payer sous le choc, avant que vous ayez pu réfléchir ou en parler.
Autre variante : un e-mail qui affirme avoir piraté votre webcam et « vous avoir filmé », souvent avec un vieux mot de passe à vous en guise de preuve. Ce mot de passe vient d'une fuite de données ancienne, pas d'un piratage de votre machine. Ces e-mails sont envoyés par millions, au hasard.
Non — et c'est le point le plus important de cette page. Payer ne supprime rien : les images, si elles existent, restent chez l'escroc. Payer prouve une seule chose : que vous êtes quelqu'un qui paie. Les demandes reprennent, souvent plus élevées, parfois pendant des mois.
À l'inverse, les services qui traitent ces dossiers font le même constat : quand la victime cesse de répondre, l'immense majorité des chantages s'arrête sans diffusion. L'escroc gère des centaines de cibles à la fois ; il concentre son temps sur celles qui répondent.
Dans l'ordre, et sans précipitation :
Toute réponse — même un refus — confirme que le compte est actif et que la menace vous atteint. Le silence est votre meilleur outil.
Captures d'écran de la conversation, du profil, de la demande de paiement. Ensuite seulement, bloquez le compte. Ne supprimez ni votre compte ni les échanges : ce sont les preuves.
Passez vos profils en privé quelque temps. Changez le mot de passe cité si l'e-mail en contenait un — et partout où vous l'utilisiez encore.
À la plateforme (ces comptes sont fermés vite), à votre zone de police pour la plainte, et à suspect@safeonweb.be pour le canal officiel belge.
La sextorsion visant des adolescents — souvent des garçons, via de faux profils de leur âge — est en forte augmentation, et c'est la situation la plus dangereuse : la honte est maximale, l'expérience minimale, et les drames existent.
En Belgique, un réflexe : Child Focus, au 116 000, gratuit, confidentiel, 24 h sur 24. Ils accompagnent le jeune ET les parents, savent faire retirer des images, et travaillent avec la police. Un parent qui découvre la situation doit d'abord dire une chose à son enfant : ce n'est pas ta faute, et ça se règle.
Un message pour le jeune qui lirait ceci en pleine panique : tu n'es ni le premier ni le seul, des adultes compétents règlent des situations comme la tienne toutes les semaines, et rien de ce qui se passe ne vaut de te faire du mal. Appelle le 116 000 — ou, si tout déborde, le 0800 32 123, à toute heure.
Vous avez déjà payé, ou déjà répondu ? Rien n'est perdu. Les gestes restent les mêmes, et il n'est jamais trop tard pour les faire.
La capture sert à faire peur ; l'envoi massif est rare, parce qu'il ne rapporte rien et prend du temps. Les services spécialisés constatent que le chantage cesse en général quand la victime arrête de répondre. Aucune promesse n'est possible — mais payer, lui, garantit la suite du chantage.
Presque certainement non. Ce mot de passe provient d'une fuite de données ancienne, revendue en masse. L'e-mail est envoyé tel quel à des millions d'adresses. Changez ce mot de passe là où il servirait encore, signalez, supprimez. Il n'y a en général aucune vidéo.
C'est une option puissante, pas une obligation. Une phrase suffit : « on essaie de me faire chanter avec des images, si tu reçois quelque chose de bizarre, supprime. » Elle retire à l'escroc son seul levier. Beaucoup de victimes disent que c'est le moment où la peur est tombée.
Vérifier ce qui se vérifie : la photo du profil qui vous a contacté (souvent volée ailleurs), le lien ou le moyen de paiement demandé, le texte du chantage — ces messages suivent des modèles connus. Kwoll ne remplace ni la police ni Child Focus : il aide à comprendre à quoi vous avez affaire, tout de suite.
Dossier relu le 1 août 2026. Les numéros cités — Card Stop, Child Focus, Télé-Accueil — sont les canaux officiels belges.